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Filer un premier amour

Avant de revenir à mon interlude touristique sur Oxford, il me fallait vous montrer ce à quoi j’occupe parfois mes studieuses vacances depuis quelques jours.

Pour mon anniversaire, j’ai eu un superbe cadeau, un rouet ! Et pas une antiquité de brocante à la roue voilée dont je n’aurais su quoi faire, un beau rouet tout neuf et moderne, le Fantasia de Kromski, dégoté à la baïonnette sur leboncoin auprès d’une jeune femme que l’expérience du filage n’avait finalement pas convaincue. Quant à moi, j’en suis toujours à expliquer ma nouvelle lubie à ceux qui me prennent pour une survivaliste néophyte.

Je vous présente donc le Fantasia :

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Comme on peut assez vite le constater, il n’a pas vraiment un look rétro (j’aime pourtant beaucoup les rouets de princesse, d’ailleurs Kromski en fait des superbes) mais de belles courbes modernes. Et surtout il fonctionne au poil.

Je me suis donc installée face à la mer (photo à la fin) avec une belle grosse mèche de mouton BFL achetée à Oxford et hop en avant le pédalage !

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Quelques temps après, j’avais un premier fil en bobine.

 

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Il faut savoir que le filage, c’est comme le tricot, le crochet, et même la couture : tout est une question de tension !

Mon fil ici est un peu irrégulier, mais correct ! On appelle ça un fil célibataire (traduction libre du single). Pour lui conférer plus de solidité, on pratique un retors (ply), c’est-à-dire qu’on le tord avec un autre fil (2 ply).

Là encore, il faut apprendre à maîtriser la tension – on voit sur mon fil que la torsion n’est pas la même partout – globalement mon retors est un peu mou du genou !

 

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Et voilà ce que ça donne tricoté en échantillon – voit quelques irrégularités mais dans l’ensemble j’en suis contente, il est bien doux et promet de donner un tricot bien chaud !

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Sur ce, je vous laisse, je suis en train de filer la toison de Coco, un gentil alpaga de l’Oxfordshire – mais ceci est une autre histoire (je n’oublie pas non plus le tricot !).

Et en bonus, une petite vue de l’île de Groix (enfin on la voit au fond !) :

 

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Filer à l’anglaise

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Tricoter, c’est une chose.

 

Renouer avec le passe-temps de nos mamies, offrir des cadeaux maison, tout ça nous paraît maintenant fort normal, et les blagounettes de vos amis devant vos projets tricots se font devant plus en plus rares !

 

Mais filer ? Faire sa propre laine ? Non, là nous sommes d’accord, c’est être un peu taré.

 

Et pourtant… Pourtant ça faisait quelques temps que l’idée faisait son bout de chemin dans ma tête, d’autant que j’ai pu voir sur le Net d’autres tricoteuses d’adonner à cette étrange pratique (voir en bas de l’article pour un peu de lecture).

 

Une session chez Fibreworks plus tard, je repartais avec un fuseau et des rubans pour m’entraîner. Hé bien je suis catégorique : le filage, une fois qu’on commence à prendre le coup de main, c’est plutôt addictif.

 

Je pense déjà rouet, c’est vous dire (je ne suis pourtant pas du genre à hâter une histoire d’amour) !

 

Mais puisque des images parleront plus que des mots, voilà quelques photos de mon tout premier essai, réalisé à partir d’un panaché de toisons brutes et variées.

Je vous l’accorde, l’effet est plutôt Larzac-style

 

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Quel bel échantillon de pull "Le père Noël est une ordure"

Quel bel échantillon de pull « Le père Noël est une ordure »

 

Mais petit à petit, le forgeron qui forge tout ça :

 

 

Echevette réalisée à partir d'un ruban de mérinos peigné

Echevette réalisée à partir d’un ruban de mérinos peigné

 

Echantillon tricoté gros à partir d'un petit filage de Wensleydale, une laine de mouton aux propriétés très proches de l'angora (longues fibres brillantes et douces)

Echantillon tricoté gros à partir d’un petit filage de Wensleydale, une laine de mouton aux propriétés très proches de l’angora (longues fibres brillantes et douces)

Bon alors en revanche, gros problème : filer sa laine, c’est aussi augmenter son stock (oups !).

Le bon point (ouf), c’est que comme je pratique le feutrage  l’aiguille, les fournitures de laine sont double-emploi !

 

 

REFERENCES ET LECTURES

Shopping

Vous vous en doutez peut-être, mais le filage est (encore !) un marché de niche, qui n’a pas vraiment sa place dans les boutiques en dur, même à Paris.

Direction l’Internet fantastique pour s’équiper. Les deux sites de référence en France sont Alysse-Créations et la boutique Tricotin (qui héberge également un sous-forum sur le filage). Pour acheter fibres, rouets, fuseaux, teintures, cardes etc.

Pour des beaux fuseaux, mon tuyau c’est Etsy (où on trouve aussi de belles fibres), vous en trouverez de magnifiques fait main sur simple recherche.

Et puis ebay relaie aussi quelques articles liés au filage, y compris des rouets d’occasion.

 

Les blogueuses et le filage

Tricote-moi un mouton, pour voir un beau châle du filage au tricotage

Still Vauriens, qui vous parle du filage d’une fibre originale, les poils de son chien des Pyrénées

Claire des Bruyères, un blog très complet sur les arts de la laine !

 

Ca vous intéresse le filage ou vous considérez que vous avez bien assez à faire avec vos projets tricot/crochet ?